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Pavlov et son chien

Pour faire suite aux deux derniers articles et continuer sur les conditionnements auxquels nous sommes tous soumis -que nous le voulions ou pas et que nous en ayons conscience ou pas d'ailleurs- je voudrais vous parler d'un réflexe d'apprentissage ou plutôt de dressage.

Je veux parler du fameux "réflexe de Pavlov" !

Bien sûr, ce n'est pas précisément le sien, car Ivan Petrovitch Pavlov, (1849 – 1936) était un médecin et physiologiste russe, lauréat du prix Nobel de physiologie et médecine de 1904 et de la médaille Copley en 1915 (qui est une récompense prestigieuse dans le domaine des sciences attribuée par la Royal Society de Londres), mais c'est lui qui a fait avancer les recherches sur les réflexes conditionnés.

Ce scientifique a prouvé l'existence de deux sortes de réflexes : ceux innés présents à la naissance et ceux acquis lors d'un apprentissage par exemple. Pavlov voulait prouver que les réactions acquises par les habitudes ou l'apprentissage deviennent des réflexes et qu'il suffit d'un seul point d'entrée ou stimulus, pour déclencher l'ensemble de la réponse conditionnée.

En fait, il a mis en évidence ce que l'on appelle aussi les "autoroutes neuronales" (c'est-à-dire les réponses automatiques que produit le cerveau-ordinateur lorsqu'il est stimulé d'une certaine façon) et l'importance des ancres qui sont comme les péages d'entrée de ces autoroutes.

Il eut l'idée de prendre un chien comme cobaye et de lui donner à manger en même temps que de faire tinter une cloche. Il fit ceci pendant un certain temps, le temps que le cerveau du chien fasse le lien entre le son de la cloche et la nourriture. L'autoroute neuronale était en place. Ensuite, Pavlov n'avait qu'à faire tinter la cloche, même en dehors des heures des repas, pour que le chien se mette à saliver !

Ici, une ancre auditive est en action, un réflexe conditionné est en place. L'heure du repas sera toujours associée, pour ce chien, au son de la cloche.

C'est pareil en ce qui nous concerne. Nous avons parfois des réactions qui sont toujours les mêmes et qui sont pré-enregistrées. Il suffit d'activer au moins une ancre, soit visuelle, spéciale, auditive, kinesthésique ou gustative*, pour que se ré-enclenche la réponse près enregistrée ; la voiture s'est engagée sur l'autoroute.

Parfois cela est bien pratique. Il est évident que nous n'avons pas besoin, justement concernant la conduite automobile, de toujours nous rappeler consciemment comment passer les vitesses ou comment faire du vélo par exemple. Au bout d'un moment cela fait vraiment partie des réflexes et c'est tant mieux.

Pourtant parfois, cela peut nous jouer des tours. Avoir toujours les mêmes réponses peut être très bloquant. Il faut savoir remettre en cause ces conditionnements surtout lorsqu'ils sont inappropriés.

Souvenez-vous de la singattitude !!

*En parlant d'ancre, j'ai en tête l'exemple très célèbre de la madeleine de Proust. C'est en mangeant une madeleine trempée dans une tasse de thé que Proust se remémora quelques instants une scène de son enfance, saveurs, odeurs, sensations, images... Tout lui revint en mémoire. L'ancre était gustative, c'est le péage qui lui a permit d'emprunter l'autoroute de ce souvenir particulier.

Et vous quelle est votre madeleine de Proust ?

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