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Mémoire propre

Disponible sur amazon et sur lulu

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Je vous présente mon petit dernier ebook : Mémoire propre.

Vous avez déjà croisé les principaux protagonistes de « Mémoire Propre » lors de la lecture de la trilogie, ("Croyances et sexe", "enquête de sens", "Ssssandraaaa").

Frédéric Hanck, fou amoureux de Sandra Niets, peine à se remettre de l'assassinat aussi horrible que brutal, dont a été victime la jeune femme. Face à son immense désarroi, il va avoir besoin de Lise Lossare, accompagnatrice en adv, Art De Vivre, afin de comprendre ce qui le rattache à cette sordide affaire...

Un accompagnement qui fait le ménage dans sa mémoire encombrée.

Collection ART DE VIVRE

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MÉMOIRE PROPRE

Par Elisabeth ROSALES

Copyright : © 2016. Elisabeth Rosales, Lannemezan. Tous droits réservés.

***

Chapitre 1 – Au commissariat

- Qu'est ce qu'il fait encore là lui ?

- Qui ça ?

- Ben, mais lui ! C'est Frédéric Hanck de notre affaire précédente. Cela fait bien trois fois que je le vois traîner ici l'âme en peine. Qu'est-ce qu'il veut, tu le sais toi ?

- Oh oui le pauvre ! Il a l'air si triste... en fait, pour répondre à votre question, je ne sais pas trop ce qu'il veut, mais...

- Eh bé ! Pour des flics, ça la fiche mal non ?

- Mais laissez-moi finir commandant ! dit Céline en regardant David Toule d'un air rempli de reproches. Je disais donc que je ne sais pas quelle est sa motivation pour revenir encore, mais en tout cas, la dernière fois que je l'ai vu, il voulait nous dire merci d'avoir trouvé l'assassin de Mademoiselle Niets...

- Et pour Monsieur Sdart bien sûr !

- Boh, à vrai dire, je ne pense pas que M. Sdart soit dans ses pensées !

- Non, mais je sais oui ! dit David légèrement énervé face à sa jeune collègue. Je sais bien qu'il est obsédé par la demoiselle et que le reste lui importe peu...

- Oui commandant, c'est sûr, il n'arrive pas à se remettre du meurtre atroce de son amie, le pauvre ! Il est si mignon...

La compassion dont faisait preuve la jeune femme, fit sourire le commandant. En la regardant zyeuter le jeune homme hirsute qui semblait hagard près de l'entrée du commissariat, il se disait qu'elle arrivait toujours et à merveille, à être en empathie avec le malheur des autres, ce qui le surprenait dans le fond. Depuis longtemps maintenant, lui n'arrivait plus à avoir ce genre de pensées, ou du moins il se refusait de ressentir une quelconque pitié ou toutes autres émotions qui auraient pu le mettre dans un pétrin sentimental d'où il lui paraissait difficile de se sortir.

- Déjà que c'est délicat d'annoncer aux familles le décès d'un de leurs proches, alors si en plus il faut les consoler après avoir bouclée l'enquête ! On va finir par faire psychologue ou assistante sociale tant qu'à faire ! grognait le commandant.

- Roooh commandant ! Ça suffit ! Ça se trouve, le pauvre est venu une dernière fois nous remercier parce qu'il part ou bien parce qu'il n'a nulle part où aller ! Bon, vous ne voulez pas lui parler je vois ? Alors, j'y vais !

La jeune femme n'attendit pas la réponse de son supérieur ; elle avait déjà franchi la porte de son bureau. D'un pas décidé, elle se dirigea vers Frédéric Hanck qui lui sourit en la voyant arriver. Ses yeux étaient tous petits et gonflés ; il était évident que le jeune homme avait beaucoup de peine.

- Bonjour lieutenant. Je passe parce que je voudrais vous remercier encore une fois, pour tout ce que vous avez fait pour retrouver l'assassin de Sandra.

- Mais Monsieur Hanck, c'est normal, vous savez. Nous n'avons fait que notre métier...

- Oui, oui, je sais bien sûr. Mais quand même ! Je ne sais pas ce que je serais devenu si l'ignoble pourriture qui a tué ma belle Sandra n'avait pas été arrêtée !

- Monsieur,… je sais qu'il est très difficile de se remettre après un tel choc, mais la vie continue vous savez, il ne faut pas vous laisser aller !

- Oui, dit le jeune homme avec un triste sourire. Je sais tout ça ! Mais c'est trop dur ! Et je vous dirais même : continuer me semble parfois au-delà de mes forces. En plus, c'est officiel, ma femme demande le divorce !! Je l'ai appris hier soir vous voyez ! Elle sait que je suis venu ici pour voir Sandra, elle sait très bien que je n'avais pas réussi à l'oublier, elle sait aussi que je l'aimais plus que tout, plus qu'elle en tout cas...

- Hum...

C'était le commandant Toule qui se raclait la gorge en s'approchant de Céline et de Frédéric.

- Bonjour Monsieur Hanck.

- Ah, bonjour commandant, dit le jeune homme en tendant vigoureusement la main à David, comme si le fait de le voir lui redonnait un coup de fouet. Je disais à votre collègue combien je vous suis reconnaissant d'avoir retrouvé la coupable ! Même si cela ne me rendra pas Sandra, au moins je sais que cette saleté de femme est hors d'état de nuire maintenant et pour un bon moment sans doute !

- Ah ça, dit le commandant, la justice seule nous le dira...

Et devant l'air déçu du jeune homme, le commandant s'empressa de rajouter :

- Remarquez, il n'y a pas à s'en faire. Nous avons amassé contre elle des preuves solides et irréfutables. Même le plus doué des avocats va être bien en peine pour la défendre !

- Oui, j'espère qu'elle prendra un maximum...

Le jeune homme regardait maintenant le sol d'un air absent.

- Je suppose que vous devez partir rejoindre votre famille maintenant... hasarda le commandant qui se demandait jusqu'à quand il allait rester là comme ça.

- Non, non... en fait, je reste ! Ma femme ne m'attend plus... et puis, je veux assister au procès !

- Ah ! dit le commandant en jetant un coup d’œil à Céline.

Il ne comprenait pas vraiment ce que cela voulait dire, mais il enchaîna :

- Comme vous restez là, permettez-moi de vous donner une carte de visite... lui dit-il énigmatique.

- Une carte de visite ? dit le jeune homme en la prenant. Qui est-ce ?

- Hé bien voilà, c'est Madame Lossare, vous souvenez-vous d'elle ? C'est l'experte qui nous a aidés dans l'enquête. Comme vous le savez, c'est aussi une thérapeute avec une technique bien particulière à vrai dire. Je n'ai encore pas saisi toutes les subtilités de la chose, mais elle m'a donné ses coordonnées l'autre jour. Elle pense qu'elle peut aider puissamment les gens... pour continuer à affronter leur quotidien après un drame comme celui que vous venez de vivre vous voyez...

- Hum... Je vois commandant ! Vous pensez qu'elle peut m'aider ?

- Aaaah, et comment !!! dit une voix forte et sûre d'elle venant de derrière le commandant Toule.

C'était Masha, la commissaire qui arrivait vers le petit groupe. Une pile de papier sous le bras, elle s'apprêtait à sortir et elle ne put s'empêcher d'entendre ce qui se disait. Tout en saluant le jeune homme qui tenait la carte de Lise dans sa main, elle rajouta :

- Ne croyez pas que nous sommes là pour vous conseiller une quelconque thérapie bien entendu ! Mais sachez que si vous ressentez le besoin de parler de ce que vous vivez en ce moment, c'est elle que nous vous conseillons d'aller voir ! Cette thérapeute est assez extraordinaire dans son genre. En plus, elle a suivi l'affaire, cela pourrait vous aider encore plus vous voyez ?

- Oui, en effet, dit Fred quelque peu gêné par la sollicitude qu'il déclenchait chez les policiers... Mais vous savez, je pense que c'est normal, avec ce qui m'arrive, de ne pas être bien. J'ai besoin que justice soit faite et ensuite j'aurai sans doute besoin de temps...

Le regard dans le vague maintenant, le jeune homme semblait méditer.

Cela ne dura pas très longtemps car Masha et David dirent en même temps :

- Je dois y aller...

Ils stoppèrent leurs phrases respectives en se regardant. Puis Masha reprit en tendant la main au jeune homme :

- Oui, je dois vous laisser, j'ai rendez-vous à l'extérieur...

- Bien, moi aussi je vais partir, dit le jeune homme avec un pâle sourire. Je vais vous laisser travailler... et je vous dis à tous merci beaucoup pour votre remarquable travail !

- Au revoir, dit simplement Toule en lui tendant la main.

- Au revoir et bon courage, rajouta Céline avec un sourire sincère.

Fred passa la porte du commissariat juste derrière Masha. Il s'arrêta sur le trottoir devant l'entrée. L'air perdu, il regarda tout autour de lui. Tout à coup, il se demandait ce qu'il faisait là ! Et il se demandait aussi ce qui s'était passé au juste pour lui dans ce commissariat.

- Je dois vraiment avoir l'air pommé moi !

Puis, il rajouta comme une évidence :

- Mais je suis vraiment pommé !!

Cette réflexion le fit sourire de désespoir. Il avait la sensation de n'être plus lui-même ; le chagrin l'accablait. Il regardait alentour, il savait qu'il devait aller quelque part, mais il ne savait plus où exactement. Et plus personne ne l'attendait maintenant... Après un effort de concentration, il se rappela qu'il était venu en bus. Il savait qu'il avait une voiture, mais il savait aussi qu'il n'avait pas eu le courage de la prendre pour venir jusqu'ici. Sans doute avait-il eu raison ? Il se sentait vraiment de plus en plus perdu.

Machinalement, il se dirigea vers le premier arrêt d'autobus. Il s'assit et regarda ce qu'il avait dans la main.

- Lise Lossare, accompagnatrice en Art de Vivre et en décryptage du sens du mal-être et des maladies par les symboles.

« C'est bizarre comme appellation ça ! Je ne comprends pas trop ce qu'elle peut m'apporter comme réconfort ! Mais bon, je vais y aller, au moins pour la remercier d'avoir participé à l'enquête ! Après tout, elle ne va pas me « thérapiser » malgré moi non plus non ?! »

Et lorsqu'il retourna la carte, il lut : « l'Art de Vivre ; pour élever sa vie au rang de l'art »

« Hé bien, tout un programme… Elle aurait du boulot avec moi, c'est sûr ! »

Il mit la carte dans la poche de son blouson et il attendit le bus qui le ramena à deux pas de sa chambre d'hôtel.

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