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Mémoire Propre Chapitre 2-1

Source : Photo pinterest -David Garrett beautiful♥ Stunning looking David

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Chapitre 2-1 – Réveil brutal

Il était dix heures quand un bruit dans le couloir le réveilla brutalement. C'était la femme de ménage qui passait l'aspirateur dans le couloir et qui avait donné un coup dans le mur. Malgré son sursaut, Fred eut du mal à garder les yeux ouverts. Il avait toujours mal à la tête et le bourdonnement de l'aspirateur accaparait toute son attention. À vrai dire, il ne pensait pas qu'il était si tard. Il pensait que c'était l'aube et en voulait à la femme de ménage !

« Elle pourrait attendre un peu quand même ! Y a pas le feu, non, pour faire le couloir ! »

Puis, il se souvint de ce qu'il devait faire.

« Ah, c'est vrai, les gosses ! »

- Oh ! Ma tête ! dit-il tout fort en se penchant pour attraper son portable au pied du lit.

Il fut contraint d'ouvrir les yeux pour localiser son appareil, il le saisit et se recoucha en soufflant. Difficilement, il rouvrit un œil. C'est à ce moment-là qu'il se rendit compte de l'heure qu'il était réellement ! Encore plus surpris, il s'assit d'un coup que le rebord de son lit en disant tout fort :

- Quoi ?! Dix heures !! La vache !! Mais qu'est-ce que... Ooooh ! OK ! OK ! D'accord, j'ai compris, dit-il en se tenant la tête et en se recouchant doucement.

Il avait vraiment la sensation qu'on lui arrachait les cheveux et que quelqu'un s'amusait en même temps à tourner une cuillère en métal dans son crâne ! Jamais il n'avait eu aussi mal que ce matin !

- C'est quoi ce truc !! Le whisky était frelaté ou quoi !! Ouuuuuf, ça fait un mal de chien !!

Fred se sentait étourdi par la douleur. Autant hier et ce depuis le décès de Sandra, il était comme ailleurs, dans un autre univers, une autre dimension, autant là, il était clair qu'il ne pouvait rien faire d'autre que de rester couché. Surtout ne pas penser ! Il avait l'impression que c'était pire, au-delà de ses forces en tout cas.

La femme de ménage avait enfin éteint son aspirateur. Fred, la bouche ouverte, somnolait déjà...

C'est la faim qui le fit sortir de son sommeil encore plus agité que ce qu'il avait connu pendant la nuit. Il était onze heures trente et malgré, encore et toujours son mal de tête, il trouva la force de téléphoner à la réception et de commander un repas :

- … dans ma chambre s'il vous plaît !

- Bien Monsieur.

Il s'assit sur le bord de son lit, il regarda la bouteille dont plus de la moitié était consommée, et il regarda l'étiquette.

« Non, pourtant ce n'est pas de la sous-marque » fit-il avec une moue dubitative. Il se leva et se dirigea vers la salle de bain où il prit à nouveau un cachet pour calmer son mal.

Il se regarda dans le miroir :

« Ouf, quelle sale tête !! On dirait que je me suis battu ! C'est dingue les yeux que j'ai !! Bon sang, si Sandra me voyait comme ça !! »

À ces mots, Fred se figea. Il sentit monter en lui une forte émotion qui bientôt le submergea. Très vite, les larmes montèrent à ses yeux, il sanglota tout en continuant à se regarder dans la glace. Puis, aveuglé par les larmes, il se pencha sur le lavabo et se mit à pleurer pour de bon. Il pleurait en laissant échapper des petits cris de détresse, comme un enfant le fait lorsqu'il est très malheureux...

Or, très malheureux, Fred l'était. Il ne pouvait pas accepter le fait que Sandra était morte. Il ne pouvait pas s'imaginer qu'elle ne vivait pas quelque part sur terre, dans un endroit où il pourrait la retrouver quand il en ressentirait le besoin et la force. Car, ce sont ces deux choses qui l'avaient convaincu de venir la retrouver il y a quelques semaines de ça. Son mariage battait de l'aile, il savait qu'il n'avait pas été tout à fait honnête avec sa femme Nicole. Il savait qu'en acceptant une relation avec elle, en pensant à Sandra l'inaccessible, il y avait un risque que leur union ne tienne pas la distance. Il savait aussi lorsqu'il fut papa la première fois, que cela se passerait mal un jour pour cet enfant ! Mais il espérait se tromper tout simplement ! Après tout, ce n'étaient que des impressions, rien de bien concret. Alors, il continua cette mascarade de couple et de famille parfaite. Un deuxième enfant débarqua dans sa vie sans qu'il ne l'ait vraiment voulu ! Mais bon, elle était là, et son frère aîné avait déjà quatre ans. Fred arriva même, à un moment donné, à oublier Sandra ! Les nuits courtes, les biberons, les couches, les pédiatres, les nounous, la crèche, les horaires serrés, les clients, son sport et ses sorties, le sport et les sorties de Nicole, tout ça ne laissait que peu de place à la réflexion et à la nostalgie ! Sandra semblait s'être effacée de sa mémoire... Mais ce n'était qu'une illusion !

C'est à l'occasion des tous premiers vents frais qui soufflèrent sur son couple, pour qu'instantanément, Fred repense à Sandra. Elle était synonyme de jeunesse, de liberté et de sexe. Aucune contrainte ne venait entacher le tableau de ses souvenirs ! C'est lui et lui seul qui était parti loin d'elle. Alors, évidemment, c'est parce qu'elle lui avait clairement fait comprendre que jamais elle ne pourrait se mettre en couple avec quiconque, même pas lui, qu'il était parti. Sandra était une personne très spéciale : elle s'était mise dans l'idée qu'elle avait une mission de vie et que cette mission était de coucher avec tous les hommes et les femmes aussi qu'elle pouvait rencontrer et qui en exprimaient le désir bien entendu ! Plus exactement, Sandra pensait que l'amour pouvait se pratiquer avec tout le monde, elle pensait que le sexe refoulé était en grande partie la cause de tous les maux de la terre ! Le sexe comme premier rapport des individus entre eux, voilà ce qu'elle prônait !

C'est ce qu'elle avait expliqué, un soir, alors qu'ils avaient fait l'amour avec un autre couple chez elle, juste la veille de son assassinat. Et c'est ce qu'elle avait consigné sur un carnet de notes, qu'il avait pu récupérer à force d'insistance auprès de la police. Il faut dire que ce carnet était passé inaperçu lors de l'enquête, sans doute une faute d'archivage, puisque lorsqu'il l'a récupéré, il était dans un carton où la mention « Alexandre Niets » était inscrite. Le fait que la police ait rangé ce document dans les affaires du père de Sandra, montrait évidemment l'erreur qui avait été commise. Fred pensa dans un premier temps le dire, car il avait de suite reconnu l'écriture de Sandra sur la couverture où était inscrit : « Croyances et sexes ou la vie de Sandra Niets » avec une émoticône « mort de rire » dessiné à la main. Ce titre se voulait sans doute ironique, cependant, lorsque Fred lut les textes qui le composaient, il ne cessa de pleurer ! C'est alors qu'il se dit qu'il allait garder pour lui ce carnet : lui comprenait ce qu'il y avait dedans, un étranger, tel qu'un policier, n'allait sans doute pas comprendre et allait inévitablement la juger hâtivement… Pour sa part, les explications que la jeune femme avait couchées sur ces pages concernant sa philosophie de vie particulière, lui permirent de reconstituer l'ensemble de ses pensées. Oui, parce que jusque-là, Fred respectait son choix de vie, mais il n'était pas suffisamment resté près d'elle pour la comprendre vraiment. Et à vrai dire, il n'avait pas cherché non plus à saisir les subtilités de son choix de vie avant le drame ; ensemble, ils avaient été plus occupés à faire l'amour qu'à parler. Depuis la lecture de ce carnet donc, il lui semblait percevoir un peu mieux les pensées de la jeune femme.

Elle n'était pas ordinaire et ses idées étaient loin d'être anodines. La nuit même qui précéda la première lecture de ce carnet, Fred fit un drôle de rêve. Il vit sa mère, immense, se pencher sur lui qui à côté était minuscule. Elle pointait un doigt en sa direction et lui criait fort : « Il n'y a pas de fumée sans feu Frédéric, souviens-toi de ça, il n'y a pas de fumée sans feu ! »

Le jeune homme s'était réveillé en sueur, et la drôle d'impression d'avoir véritablement vécu cette scène l'avait poursuivi la journée durant !

Quelque chose en lui, lui signifiait qu'il n'acceptait finalement pas autant qu'il voulait bien le faire paraître, les choix de la jeune femme. Il se surprit même à en vouloir à Alexandre Niets, son père, à l'origine d'après Sandra elle-même, de la femme qu'elle était devenue.

« Si elle n'avait pas reçu cet enseignement, elle serait toujours là, c'est sûr !!! Et elle aurait sans doute accepté de vivre avec moi !! Pfffff, quel gâchis !! » se lamentait le jeune homme en refaisant l'histoire.

Ses pensées l'amenaient toujours vers des scènes de joie où ils vivaient ensemble une magnifique histoire d'amour !

Il aurait tellement eu envie qu'elle ne soit qu'à lui !!

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