Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Salon du livre Lannemezan

Salon du livre Lannemezan

Un salon du Livre, et à Lannemezan en plus !!

Quelle merveilleuse idée pour passer le week-end, ne trouvez-vous pas ?! ;)

De toute façon, il va pleuvoir alors ! Vous n'aurez rien de mieux à faire que de venir nous voir ; c'est à l'abri et il fera chaud... au moins dans les cœurs !

Et ce ne sont que les tout premiers avantages ! Il y en a plein d'autres !

Tenez, par exemple, vous vous sentez seul ? Ou au contraire, vous voulez vous divertir en famille, tout en incitant vos enfants, mêmes jeunes, à lire ? Ou encore, votre week-end en amoureux est annulé à cause de la grève des cheminots ? Ou alors, vous cherchez une bonne excuse pour ne pas vous rendre au repas dominical chez vos beaux-parents ? Eh bien, pas de panique : venez au Salon du livre de Lannemezan !

Là, vous serez super bien reçu !

S'y trouveront rivés à leur chaise, face à leurs nombreux et non moins merveilleux ouvrages, des auteurs qui ne veulent qu'une chose : vous voir repartir avec leur(s) livre(s), le sourire aux lèvres, avec le souvenir d'une bien sympathique rencontre ! Vous voyez, ils ne souhaitent pas uniquement vous faire dépenser votre argent, non non non ! Ils ont avant tout envie de partager avec vous leur univers, afin que vous puissiez vous évader sous l'effet de leur plume, vous faire rêver en compagnie de leurs personnages truculents et hauts en couleur, vous apporter un rayon de soleil grâce à leur point de vue souvent unique et original sur les événements qu'ils racontent, et aussi et surtout vous faire rêver à un monde différent de celui qui vous entoure généralement, sans oublier tout de même, certains dont l'ambition est de vous apprendre des concepts qui leur semblent incontournables à savoir !

Bref, ils veulent vous voir, vous rencontrer eux aussi pour vous parler de leur travail, de leur passion, de leurs bébés : leurs livres bien entendu ! C'est autrement plus intéressant que le xième repas de famille où sont abordés, encore et toujours, les mêmes thèmes non ?

Enfin, moi ce que j'en dis hein, c'est pour votre bien !

Et puis, ce n'est pas tout !

Il y a un autre avantage non négligeable à venir nous voir, un bénéfice dont vous vous rendrez compte à postériori (c'est pour cela que je vous le signale à l'avance !) : lorsque vous aurez rempli vos sacs de livres dédicacés par les auteurs fantastiques que vous aurez eu la joie de rencontrer -mais non, je n'en fais pas trop !-, vous allez pouvoir vous installer confortablement chez vous, dans un fauteuil moelleux ou carrément dans votre lit, et vous allez pouvoir ouvrir le livre qui vous tente le plus pour finir en beauté ce week-end, qui ne l'oubliez pas, s'annonçait atroce sans ce merveilleux salon du livre !

Ce n'est pas le bonheur ça ?! Évidemment que oui : c'est tout simplement parfait !

;)

Je suis sûre que l'expérience vous tente ! En tout cas, en ce qui me concerne, je vous y attends... J'ai plein d'histoires à vous raconter en plus de celles que j'ai déjà écrites ! (et puis, mes livres ne sont vraiment pas chers en plus, alors !) ;)

À très bientôt donc.

Voir les commentaires

Mémoire propre

Bonjour à tous et à toutes,

Pour pouvoir lire "Mémoire propre" version électronique en entier, vous pouvez toujours télécharger sur votre ordinateur l'application Kindle, c'est gratuit ! Mais si vous voulez pouvoir emporter avec vous votre livre numérique préféré, discrètement, dans votre sac, partout où vous voulez, alors, laissez-vous tenter par l'expérience de la liseuse.

Pour une fois, permettez-moi de vous présenter le Kindle d'amazon. J'en ai un aussi, et j'ai en permanence sur moi plus de cent livres dans un appareil qui prend peu de place et qui ne pèse même pas le poids des 500 pages de "Mémoire Propre" ! Et le plaisir de lecture est intact ! Vous qui aimez lire, à l'occasion, faites vous ce cadeau ! Et venez partager vos impressions de lecture.

 

 

****************************************************************************************

Et voici aussi, comme prévu le chapitre 2 de "Mémoire Propre"

Chapitre 2 – À l'hôtel

Le jeune homme ferma derrière lui la porte à clé et il prit la bouteille de whisky qui se trouvait sur la table : il s'assit sur son lit. Machinalement, il se servit un verre et ouvrit un dossier qu'il avait posé à côté de lui. Là se trouvaient des photographies de Sandra. Des photos récentes prises lors de ses dernières rencontres avec la jeune femme, qu'il avait consciencieusement organisées dans une sorte de pèle-mêle sur son ordinateur et qu'il avait imprimées sur du papier glacé, ainsi que des photos plus anciennes. Et aussi tous les articles de presse, toutes les interviews, tout ce qui avait de près ou de loin un lien avec l'affaire. Et cette affaire faisait couler beaucoup d'encre et cracher beaucoup de salive aussi. Fred se sentait mal, tellement mal par tout ce que les gens pensaient ! La plupart du temps, Sandra était totalement incomprise, souvent, elle était carrément insultée ! De victime, certains l'avaient transformée en bourreau. L'on entendait de-ci de-là que son tragique destin était la conséquence logique de ses mœurs dissolues ! Se faire empoisonner, poignarder et brûler était donc à leurs yeux, ce qu'elle avait cherché, pire, ce qu'elle méritait ! Mais ces gens-là ne la connaissaient même pas ! S'ils avaient pu lui parler, ne serait-ce que quelques minutes !

Fred rêvait de leur faire fermer définitivement leurs bouches putrides.

Ce sont les mêmes d'ailleurs qui encensaient l'assassin, la tortionnaire. Ils lui trouvaient des excuses, des circonstances atténuantes ! Ils voulaient qu'elle sorte de prison sur le champ en allant jusqu'à remettre en cause le procès ! En tout cas, ils se tenaient prêts à intervenir en sa faveur et à tout faire pour qu'un non-lieu soit prononcé. Pour eux, cette affaire devait permettre de faire changer la société dans laquelle ils avaient peur de vivre, et où ils avaient peur de faire grandir leurs enfants ! Ils noircissaient le tableau tant qu'ils pouvaient, se faisant passer pour des victimes de quelques dépravés dont ils jugeaient les habitudes malsaines pour eux-mêmes et pour la jeunesse du pays. Ainsi, il leur paraissait légitime de prendre pour emblème Élise Sdart et même de proclamer que le jour du meurtre devait faire l'objet d'un jour de fierté nationale ! Ils juraient à tous les micros possibles et imaginables que s'ils avaient eu affaire à une telle immoralité, ils auraient sans aucun doute agi comme Élise Sdart ! Les vieilles rengaines puritaines, souhaitant le retour de la morale dans toutes les strates de la société et en particulier à l'école, se faisaient entendre à nouveau. Mais ce n'est pas tout. Les plus extrémistes voulaient imposer le retour de l'église catholique et de ses dogmes manichéens dans les salles de classe ! Ainsi que le retour de sanctions pour port de vêtements trop courts, trop suggestifs à leurs goûts très subjectifs évidemment, l'interdiction des films pornographiques, la mise en détention de toutes les prostituées, l'organisation des grands bûchers où les livres jugées pervers et incitant au dévergondage des jeunes et des moins jeunes d'ailleurs, toutes les œuvres subversives, seraient jetées au feu sans aucun droit à quelconques circonstances atténuantes ! Un ramassis d'idioties et un retour au moyen-âge, du temps de l'inquisition, pouvaient se lire et s'écouter dans un grand nombre de supports transmettant idées et croyances sous couvert d'informations ! Lorsque ces gens-là se faisaient contredire, en public ou en privé et surtout lorsqu'ils étaient à court d'arguments obscurs et médiévaux, ils brandissaient leur droit à la liberté d'expression ! Un comble ! Un soir, devant une émission de télévision, Frédéric n'avait pu s'empêcher de vomir rien qu'en entendant une très belle femme par ailleurs, éructer ces insanités tête haute et regard assuré ! Incroyable comme la beauté extérieure n'a rien à voir avec la noirceur et la crasse intérieure ! Peut-être que Sandra se trompait à ce sujet ! Ces discours haineux, ces retours en arrière monstrueux montraient bien à quel point les gens étaient mal à l'aise avec le sexe, et pour le jeune homme, cela montrait surtout à quel point ils n'avaient rien compris à ce qu'était Sandra.

À l'inverse cependant, certains prônaient la tolérance et la compréhension, mais il semblait au jeune homme qu'ils n'étaient pas bien nombreux ! Les extrémistes étaient de sorties, leurs idées et leurs haleines fétides empestaient les médias !

En regardant tout ça, Fred pleurait.

Et ce soir, malgré la promesse qu'il s'était faite de ne plus écouter ces horreurs dignes d'une dictature sanguinaire, au bout d'une heure environ, il avait bu plus de la moitié de la bouteille. Il était ivre de chagrin et d'alcool. Épuisé, il s'affaissa sur le lit et s'endormit. Il n'entendit pas son téléphone sonner. Sur l'écran de son portable, la photo de sa femme s'affichait. Pour la cinquième fois, elle essayait de le joindre et à bout de nerfs, elle laissa un message trahissant son état :

- Fred ! Tu m'énerves maintenant !! Réponds bon sang !! Les enfants veulent te parler ! Tu pourrais au moins faire ça pour eux non ? Ils n'y sont pour rien, tu le sais !! Rappelle-les, et vite !!

Mais le jeune homme était bien loin de penser à quoi que ce soit ; dans sa tête, tout semblait être brouillé. Depuis la mort atroce de Sandra, la femme qu'il n'avait jamais cessé d'aimer, il était comme engourdi par une tristesse incommensurable. À tel point qu'il ne semblait plus faire partie des humains ! Il était ici et ailleurs en même temps, comme plongé dans un cauchemar éveillé, une autre dimension. Fred ne perdait pas la tête, mais cela y ressemblait étrangement. Il se demandait comment il allait pouvoir continuer à vivre dans ce monde alors que sa Sandra n'était plus là. Cette interrogation lui prenait littéralement la tête et le minait. La douleur était plus forte que tout, même plus intense que les appels de ses propres enfants...

Seul l'alcool l'aidait un peu ! Pour lui, c'était un moindre mal. Bien sûr, il était allé chercher un médicament censé l'aider à trouver le sommeil. Il aurait même pu se procurer de la drogue pour calmer ses angoisses et effacer ces idées noires. Mais le jeune homme avait des croyances bien arrêtées sur ces sujets. Il ne voulait en aucun cas de ces substances qui l'auraient mis en état de dépendance bien plus grande à ses yeux, que n'importe quelle bouteille d'alcool. Il avait trop vu sa propre mère sombrer dans une vie dénaturée par l'effet des nombreux médicaments supposés lui redonner un peu de sérénité. De cette sérénité-là, qui la faisait ressembler à un zombie, Fred n'en voulait pas pour lui, sous aucun prétexte ! Tout cela motivait son refus des antidépresseurs donc, et justifiait même sa préférence pour l'alcool ! À chacun sa logique !! Et cela même alors qu'il aurait tout donné pour que chaque instant passé avec sa souffrance intérieure ne soit qu'un mauvais rêve, même s'il aurait souhaité plus que tout au monde échapper à ses pensées et à ses ressentis. Et puis, comme pour se convaincre davantage, qu'il faisait le meilleur choix possible, il se dit qu'il devait bien ça à Sandra !

- Non, elle n'aurait pas voulu ça ! Jamais !

Son sommeil était très agité, il parlait à sa bien-aimée de façon si intense ! Il se tournait et se retournait dans le lit, à tel point qu'il fit tomber le dossier qui lui était dédié. Le bruit que celui-ci fit en touchant le sol le réveilla. Il regarda l'heure sur son portable avec une grimace des plus explicite : la luminosité de son appareil l'aveuglait. Il réussit à lire « 03:15 », mais il fut attiré par l'appel en absence. Il regarda le numéro et vit le portrait de sa femme :

- Pfff, qu'est-ce qu'elle me veut encore, se dit-il, elle veut m'annoncer qu'elle me quitte à nouveau ?

Il se connecta à son répondeur, et ce qu'il entendit le fit réagir.

- Merde, les gosses !

Fred se réveilla complètement maintenant, il avait mal à la tête !

- Ohhh, mais c'est pas possible ça ! Quelle andouille je suis !! Flûte alors ! Quelle heure il est déjà ?

Il regarda à nouveau l'écran de son portable qui lui indiqua trois heures seize.

- De toute façon, je peux pas les appeler maintenant ! Demain, à la première heure avant qu'ils ne partent à l'école ! Enfin, s'il y a école au fait, quel jour on est ?

Il regarda à nouveau son portable qui indiquait : mercredi 14 mai :

- Mouais, demain école ! À sept heures alors...

Il se leva et alla fouiller dans ses affaires de toilette. Il en ressortit une boite blanche et en retira un cachet qu'il avala sans prendre le temps de remplir un verre d'eau et se remit au lit. Là, couché, il était maintenant parfaitement réveillé. Son lancinant mal de tête l'empêchait de s'endormir. Cependant, après une trentaine de minutes, il sombra dans un sommeil agité encore une fois et de ce fait, peu réparateur.

 

Voir les commentaires

Mémoire propre

Disponible sur amazon et sur lulu

Disponible sur amazon et sur lulu

Je vous présente mon petit dernier ebook : Mémoire propre.

Vous avez déjà croisé les principaux protagonistes de « Mémoire Propre » lors de la lecture de la trilogie, ("Croyances et sexe", "enquête de sens", "Ssssandraaaa").

Frédéric Hanck, fou amoureux de Sandra Niets, peine à se remettre de l'assassinat aussi horrible que brutal, dont a été victime la jeune femme. Face à son immense désarroi, il va avoir besoin de Lise Lossare, accompagnatrice en adv, Art De Vivre, afin de comprendre ce qui le rattache à cette sordide affaire...

Un accompagnement qui fait le ménage dans sa mémoire encombrée.

Collection ART DE VIVRE

--------

MÉMOIRE PROPRE

Par Elisabeth ROSALES

Copyright : © 2016. Elisabeth Rosales, Lannemezan. Tous droits réservés.

***

Chapitre 1 – Au commissariat

- Qu'est ce qu'il fait encore là lui ?

- Qui ça ?

- Ben, mais lui ! C'est Frédéric Hanck de notre affaire précédente. Cela fait bien trois fois que je le vois traîner ici l'âme en peine. Qu'est-ce qu'il veut, tu le sais toi ?

- Oh oui le pauvre ! Il a l'air si triste... en fait, pour répondre à votre question, je ne sais pas trop ce qu'il veut, mais...

- Eh bé ! Pour des flics, ça la fiche mal non ?

- Mais laissez-moi finir commandant ! dit Céline en regardant David Toule d'un air rempli de reproches. Je disais donc que je ne sais pas quelle est sa motivation pour revenir encore, mais en tout cas, la dernière fois que je l'ai vu, il voulait nous dire merci d'avoir trouvé l'assassin de Mademoiselle Niets...

- Et pour Monsieur Sdart bien sûr !

- Boh, à vrai dire, je ne pense pas que M. Sdart soit dans ses pensées !

- Non, mais je sais oui ! dit David légèrement énervé face à sa jeune collègue. Je sais bien qu'il est obsédé par la demoiselle et que le reste lui importe peu...

- Oui commandant, c'est sûr, il n'arrive pas à se remettre du meurtre atroce de son amie, le pauvre ! Il est si mignon...

La compassion dont faisait preuve la jeune femme, fit sourire le commandant. En la regardant zyeuter le jeune homme hirsute qui semblait hagard près de l'entrée du commissariat, il se disait qu'elle arrivait toujours et à merveille, à être en empathie avec le malheur des autres, ce qui le surprenait dans le fond. Depuis longtemps maintenant, lui n'arrivait plus à avoir ce genre de pensées, ou du moins il se refusait de ressentir une quelconque pitié ou toutes autres émotions qui auraient pu le mettre dans un pétrin sentimental d'où il lui paraissait difficile de se sortir.

- Déjà que c'est délicat d'annoncer aux familles le décès d'un de leurs proches, alors si en plus il faut les consoler après avoir bouclée l'enquête ! On va finir par faire psychologue ou assistante sociale tant qu'à faire ! grognait le commandant.

- Roooh commandant ! Ça suffit ! Ça se trouve, le pauvre est venu une dernière fois nous remercier parce qu'il part ou bien parce qu'il n'a nulle part où aller ! Bon, vous ne voulez pas lui parler je vois ? Alors, j'y vais !

La jeune femme n'attendit pas la réponse de son supérieur ; elle avait déjà franchi la porte de son bureau. D'un pas décidé, elle se dirigea vers Frédéric Hanck qui lui sourit en la voyant arriver. Ses yeux étaient tous petits et gonflés ; il était évident que le jeune homme avait beaucoup de peine.

- Bonjour lieutenant. Je passe parce que je voudrais vous remercier encore une fois, pour tout ce que vous avez fait pour retrouver l'assassin de Sandra.

- Mais Monsieur Hanck, c'est normal, vous savez. Nous n'avons fait que notre métier...

- Oui, oui, je sais bien sûr. Mais quand même ! Je ne sais pas ce que je serais devenu si l'ignoble pourriture qui a tué ma belle Sandra n'avait pas été arrêtée !

- Monsieur,… je sais qu'il est très difficile de se remettre après un tel choc, mais la vie continue vous savez, il ne faut pas vous laisser aller !

- Oui, dit le jeune homme avec un triste sourire. Je sais tout ça ! Mais c'est trop dur ! Et je vous dirais même : continuer me semble parfois au-delà de mes forces. En plus, c'est officiel, ma femme demande le divorce !! Je l'ai appris hier soir vous voyez ! Elle sait que je suis venu ici pour voir Sandra, elle sait très bien que je n'avais pas réussi à l'oublier, elle sait aussi que je l'aimais plus que tout, plus qu'elle en tout cas...

- Hum...

C'était le commandant Toule qui se raclait la gorge en s'approchant de Céline et de Frédéric.

- Bonjour Monsieur Hanck.

- Ah, bonjour commandant, dit le jeune homme en tendant vigoureusement la main à David, comme si le fait de le voir lui redonnait un coup de fouet. Je disais à votre collègue combien je vous suis reconnaissant d'avoir retrouvé la coupable ! Même si cela ne me rendra pas Sandra, au moins je sais que cette saleté de femme est hors d'état de nuire maintenant et pour un bon moment sans doute !

- Ah ça, dit le commandant, la justice seule nous le dira...

Et devant l'air déçu du jeune homme, le commandant s'empressa de rajouter :

- Remarquez, il n'y a pas à s'en faire. Nous avons amassé contre elle des preuves solides et irréfutables. Même le plus doué des avocats va être bien en peine pour la défendre !

- Oui, j'espère qu'elle prendra un maximum...

Le jeune homme regardait maintenant le sol d'un air absent.

- Je suppose que vous devez partir rejoindre votre famille maintenant... hasarda le commandant qui se demandait jusqu'à quand il allait rester là comme ça.

- Non, non... en fait, je reste ! Ma femme ne m'attend plus... et puis, je veux assister au procès !

- Ah ! dit le commandant en jetant un coup d’œil à Céline.

Il ne comprenait pas vraiment ce que cela voulait dire, mais il enchaîna :

- Comme vous restez là, permettez-moi de vous donner une carte de visite... lui dit-il énigmatique.

- Une carte de visite ? dit le jeune homme en la prenant. Qui est-ce ?

- Hé bien voilà, c'est Madame Lossare, vous souvenez-vous d'elle ? C'est l'experte qui nous a aidés dans l'enquête. Comme vous le savez, c'est aussi une thérapeute avec une technique bien particulière à vrai dire. Je n'ai encore pas saisi toutes les subtilités de la chose, mais elle m'a donné ses coordonnées l'autre jour. Elle pense qu'elle peut aider puissamment les gens... pour continuer à affronter leur quotidien après un drame comme celui que vous venez de vivre vous voyez...

- Hum... Je vois commandant ! Vous pensez qu'elle peut m'aider ?

- Aaaah, et comment !!! dit une voix forte et sûre d'elle venant de derrière le commandant Toule.

C'était Masha, la commissaire qui arrivait vers le petit groupe. Une pile de papier sous le bras, elle s'apprêtait à sortir et elle ne put s'empêcher d'entendre ce qui se disait. Tout en saluant le jeune homme qui tenait la carte de Lise dans sa main, elle rajouta :

- Ne croyez pas que nous sommes là pour vous conseiller une quelconque thérapie bien entendu ! Mais sachez que si vous ressentez le besoin de parler de ce que vous vivez en ce moment, c'est elle que nous vous conseillons d'aller voir ! Cette thérapeute est assez extraordinaire dans son genre. En plus, elle a suivi l'affaire, cela pourrait vous aider encore plus vous voyez ?

- Oui, en effet, dit Fred quelque peu gêné par la sollicitude qu'il déclenchait chez les policiers... Mais vous savez, je pense que c'est normal, avec ce qui m'arrive, de ne pas être bien. J'ai besoin que justice soit faite et ensuite j'aurai sans doute besoin de temps...

Le regard dans le vague maintenant, le jeune homme semblait méditer.

Cela ne dura pas très longtemps car Masha et David dirent en même temps :

- Je dois y aller...

Ils stoppèrent leurs phrases respectives en se regardant. Puis Masha reprit en tendant la main au jeune homme :

- Oui, je dois vous laisser, j'ai rendez-vous à l'extérieur...

- Bien, moi aussi je vais partir, dit le jeune homme avec un pâle sourire. Je vais vous laisser travailler... et je vous dis à tous merci beaucoup pour votre remarquable travail !

- Au revoir, dit simplement Toule en lui tendant la main.

- Au revoir et bon courage, rajouta Céline avec un sourire sincère.

Fred passa la porte du commissariat juste derrière Masha. Il s'arrêta sur le trottoir devant l'entrée. L'air perdu, il regarda tout autour de lui. Tout à coup, il se demandait ce qu'il faisait là ! Et il se demandait aussi ce qui s'était passé au juste pour lui dans ce commissariat.

- Je dois vraiment avoir l'air pommé moi !

Puis, il rajouta comme une évidence :

- Mais je suis vraiment pommé !!

Cette réflexion le fit sourire de désespoir. Il avait la sensation de n'être plus lui-même ; le chagrin l'accablait. Il regardait alentour, il savait qu'il devait aller quelque part, mais il ne savait plus où exactement. Et plus personne ne l'attendait maintenant... Après un effort de concentration, il se rappela qu'il était venu en bus. Il savait qu'il avait une voiture, mais il savait aussi qu'il n'avait pas eu le courage de la prendre pour venir jusqu'ici. Sans doute avait-il eu raison ? Il se sentait vraiment de plus en plus perdu.

Machinalement, il se dirigea vers le premier arrêt d'autobus. Il s'assit et regarda ce qu'il avait dans la main.

- Lise Lossare, accompagnatrice en Art de Vivre et en décryptage du sens du mal-être et des maladies par les symboles.

« C'est bizarre comme appellation ça ! Je ne comprends pas trop ce qu'elle peut m'apporter comme réconfort ! Mais bon, je vais y aller, au moins pour la remercier d'avoir participé à l'enquête ! Après tout, elle ne va pas me « thérapiser » malgré moi non plus non ?! »

Et lorsqu'il retourna la carte, il lut : « l'Art de Vivre ; pour élever sa vie au rang de l'art »

« Hé bien, tout un programme… Elle aurait du boulot avec moi, c'est sûr ! »

Il mit la carte dans la poche de son blouson et il attendit le bus qui le ramena à deux pas de sa chambre d'hôtel.

Voir les commentaires